Międzynarodowe Mieszany Zakon Wolnomularski  "Le Droit Humain"

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Maria Deraismes

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Elle est née le 15 août 1828 dans une riche famille de commerçants habitant la région parisienne. Ses parents ont les idées républicaines de l'époque, ils sont voltairiens et profondément anticléricaux. C'est sa sœur qui fait son éducation jusqu'à l'âge de dix-huit ans. Ensuite elle étudie seule le Bible, les pères de l'Eglise, les livres traduits des religions indoues et orientales ce qui efface les rares principes de christianisme inculqués par une mère peu croyante. Elle étudie Leibnitz, Hobbes et les philosophes anglais et allemands du XVIIIe siècle. Pour lire dans le texte les anciens philosophes, elle apprend le grec et le latin. Elle s'intéresse également à la peinture, à la musique et au théâtre.
C'est sans doute au contact des relations que ses parents entretenaient avec les membres de l'opposition radicale qu'elle révèle ses réels talents d'oratrice. Elle a été témoin, dans sa jeunesse, de la révolution de 1848 et du coup d'Etat de 1851. Elle a vécu l'histoire du Second Empire, l'opposition latente d'une élite intellectuelle, l'écroulement de l'Empire et la
naissance de la IIIe République.
Dès 1865, elle commence à se faire remarquer grâce à
quelques pamphlets et articles qu'elle écrit pour des journaux, tels que Le Grand Journal ou La Main jaune. Cependant,
c'est surtout auprès de ceux qui fréquentent son salon qu'elle montre son talent à débattre.
En cette fin d'Empire devenu libéral, Léon Richer, Jules Labbé et Adolphe Guéroult,
francs-maçons acquis aux idées féministes, décident d'organiser des conférences
philosophiques ouvertes aux femmes : Maria Deraisme est sollicitée. Après quelques
hésitations dues à son humilité, elle accepte. C'est un grand succès... malgré le sujet choisi
: elle s'attaque tout simplement à la morale ! Morale qui, pour elle, était l'application
rigoureuse dans la vie de la justice, du beau et du bien.
De 1865 à1870, elle développe dans ses conférences des sujets très variés, comme
l'histoire, la littérature, la femme. Sa générosité la pousse du côté du prolétaire, de la prolétaire, de la femme, de toutes les femmes, sans oublier les prostituées, les mères célibataires, les enfants abandonnés. C'est une féministe et elle le fait savoir dès ses premiers contacts avec le public. Elle est convaincue que, dans une société, plus l'influence de la femme est grande et plus cette société est prospère : c'est pourquoi elle réclame pour tous les enfants, garçons et filles, un même enseignement universel, scientifique, fondé sur la raison. En défendant les droits de la femme, elle veut prouver que ce n'est pas seulement une question de droit mais aussi une question sociale. Elle s'insurge contre l'état d'infériorité dans lequel l'Église, mais surtout les hommes, ont maintenu la femme. Toutefois, elle ne va pas, à l'instar de ses consœurs américaines jusqu'à demander le droit de vote pour les femmes, qu'elle juge trop dangereux pour le moment, car les femmes sont encore trop soumises à l'autorité du clergé : c'est d'ailleurs un grand dilemme pour elle. Elle va peu à peu évoluer vers les plus ardents défenseurs de la libre pensée et de la laïcité et, en 1881, elle organise le premier congrès anticlérical du Grand Orient de France, se rapprochant ainsi de francs-maçons tels que Léon Richer, Victor Pouquin et Georges Martin. Le 14 janvier 1882, une loge maçonnique régulière, mais légèrement dissidente : « Les Libres Penseurs » du Pecq, l'initie à la franc-maçonnerie. Elle n'y voit pas une manifestation personnelle à son égard, mais un geste de fraternité à l'égard de toutes les femmes. Le Grand Orient restant néanmoins hostile à l'initiation des femmes, elle se voit contrainte, avec quelques-uns de ses frères et des sœurs nouvellement initiés, de créer, en 1893, une obédience mixte qui s'appellera «Le Droit Humain».
Malgré une santé très fragile, elle va continuer à propager ses idées de fraternité et
d'émancipation des femmes jusqu'à sa mort, survenue le 6 février 1894.